Comment lire un histogramme en photo

Assemblage de 3 photos aux histogrammes différents

Histogramme photo : le comprendre sans se compliquer la vie

Vous photographiez un papillon posé sur une herbe sèche. Sur l’écran, tout semble correct. Puis au retour : hautes lumières brûlées, détails perdus.

L’histogramme est un repère rapide pour comprendre sa lumière et exposer avec plus de précision.

Voici comment lire un histogramme en photo et pourquoi il n’existe pas d’histogramme parfait.

À quoi sert l’histogramme en photographie ?

L’histogramme est un graphique qui représente la luminosité de la photo. Il y a deux types d’histogrammes :

  • L’histogramme de luminosité : c’est une indication sur la luminosité des pixels de l’image. Les tons sombres sont situés à gauche, les tons moyens au centre et les tons clairs à droites
  • L’histogramme de couleur (Rouge, Vert et Bleu) : Il mesure l’intensité de chacune des trois couleurs RVB.
Image d'un histogramme photo
Exemple d’histogramme de luminosité

Comment lire un histogramme simplement

Dit comme cela, on pourrait se demander à quoi ça sert. Cela devient intéressant dans des conditions difficiles comme les contre jours, coucher de soleil ou des photos avec le soleil au zénith (lorsqu’il est le plus haut dans le ciel) et que les hautes lumières comme les ombres sont très marquées (on appelle cela une lumière dure).

Imaginons une scène au zénith avec le soleil au plus haut dans le ciel. La plage de luminosité est très grande : des hautes lumières intenses et des ombres noires.

Il faut savoir que le capteur de notre appareil photo est (pour le moment) moins performant que nos yeux et ne pourra pas, dans cette situation, assurer d’avoir des détails dans les hautes lumières et dans les ombres sur une même photo. On peut le remarquer sur l’histogramme, on a régulièrement un pic à droite ou à gauche (ou les deux). Cela signifie qu’une partie des hautes ou des basses lumières ont été écrêtées. A partir d’une certaine luminosité, tous les tons trop clairs seront complètement blancs (lumières cramées) ou pour le scénario inverse, les ombres deviennent complètement noires (lumière bouchées).

L’histogramme est donc très utile à la prise de vue pour s’assurer que nous avons la bonne exposition.

Exposition centrée (au milieu)

Voici un exemple d’exposition centré, où il y a du détail dans l’image (vous pourrez aussi entendre le terme d’« information dans l’image »). Si vous n’êtes pas familiarisé avec l’exposition en photographie, je vous invite à lire mon article sur le triangle d’exposition. Ici nous avons des dégradé des ombres aux plus hautes lumiéres :

Photo à l'exposition centrée sans boucher les ombres ou surexposer les hautes lumières
Exemple d’un photo bien exposé, détails dans les hautes et les basses lumières

Sous exposition (à gauche)

Voici un exemple d’une sous exposition dont les tons foncés ont été écrêtés, on remarque qu’il y a beaucoup de noires, mais surtout que cela engendre des aplats noirs sans détails. Cela m’est souvent arrivé lorsque j’ai photographié une famille de blaireaux. Ils sortent au crépuscule, et même en bordure de forêt, lorsque le soleil commence à être bas, il est difficile de ne pas boucher les tons sombres d’un animal au pelage gris/noir

Attention en photographie de ne pas sous exposé les ombres
Exemple d’une photo sous exposée (aplat de pixels noirs)

Surexposition (à droite)

Enfin, voici un exemple de surexposition avec des tons cramés. Comme pour les tons bouchés, on remarque qu’il y a des aplats blancs correspondant à de nombreux tons clairs écrêtés. Cela est fréquent sur des sujets qui reflètent fortement la lumière comme la peau des grenouilles ou des lever/coucher de soleil :

Zone d’une photo aux pixels surexposés (aplat de pixels blanc)

Il n’existe pas d’histogramme parfait

Lorsqu’il y a ce type de luminosité extrême et donc des tons bouchés ou cramé, cela signifie en réalité que les pixels sont soit restés noir (le pixel n’a pas été suffisamment exposé à la lumière) ou bouché (le pixel à été trop exposé à la lumière).

Mais il n’y a en réalité pas de bons ou mauvais histogrammes. Voici trois exemples qui vous prouve que selon l’idée artistique recherchée, un histogramme peut contenir des pixels centrés, mais aussi beaucoup de pixels sur la gauche ou sur la droite.

Il n'existe pas d'histogramme parfait en photo mais une volonté artistique
Trois photos artistiques aux histogrammes différents

L’exposer à droite

La technique de l’exposition à droite permet de gagner en détails notamment dans les ombres. Je vous conseille de prendre vos photos au format RAW pour cela pour avoir le maximum d’amplitude en retouche (post traitement).

Elle consiste comme son nom l’indique de surexposer la photo au maximum sans cramer les hautes lumières. Nos capteurs « enregistrent » beaucoup plus d’informations dans les tons clairs que dans les ombres. En surexposant, vous éclairez les zones sombres et aurez donc moins de bruit numérique et elles pourront par la suite être assombris si elles sont trop claires pour gagner en contraste. Cela permet donc d’exploiter tout le potentiel de votre capteur, en particulier les zones de transition et les textures

Mon usage sur le terrain

Essayer d’exposer à droite sans cramer les tons clairs, cela permet d’avoir le maximum d’informations dans l’image et de pouvoir ensuite si on le souhaite en post production, diminuer l’exposition.

Accepter d’avoir des images sombres dans des conditions difficiles où le bruits ISO seraient trop important.

Utiliser la technique du « Bracketing d’exposition » qui est en réalité un assemblage de plusieurs photos à différentes expositions (une fonction HDR est disponible dans votre appareil photo mais vous n’avez pas la main sur les zones que vous souhaiteriez garder, c’est votre appareil qui choisit à votre place). Cette technique fera l’objet d’un nouvel article !

FAQ

Comment lire un histogramme en photographie simplement ?

L’histogramme montre la répartition de la lumière dans une photo : à gauche les ombres, au centre les tons moyens, à droite les hautes lumières. Il permet surtout de vérifier rapidement si une image manque de détails dans les zones sombres ou si certaines parties sont surexposées. En photographie nature, c’est un repère fiable quand l’écran du boîtier devient trompeur.

Existe-t-il un histogramme parfait en photographie ?

Non. Un histogramme n’est pas une note de réussite : il décrit simplement la lumière d’une scène. Une silhouette d’oiseau au coucher du soleil sera naturellement plus à gauche. Une libellule dans une lumière diffuse du matin aura souvent une répartition plus équilibrée. Le bon histogramme dépend toujours du sujet photographié.

Faut-il toujours exposer à droite en photographie nature ?

Non. L’exposition à droite peut être très utile pour récupérer un maximum d’informations dans un fichier RAW et limiter le bruit numérique, surtout en photo de paysage. Mais elle n’est pas adaptée à toutes les situations : sujets mobiles ou ambiances volontairement sombres demandent parfois une autre approche.

Dois-je regarder l’histogramme après chaque photo ?

Pas forcément. En pratique, beaucoup de photographes nature l’utilisent surtout quand la lumière devient délicate : contre-jour, forte humidité (la lumière reflète fortement), lever de soleil ou scènes contrastées. L’idée n’est pas de vérifier chaque image, mais d’avoir un repère rapide quand la lumière devient incertaine.

Si vous avez aimé l'article, vous êtes libre de le partager

Laisser un commentaire