Photographier un oiseau en vol : les réglages simples pour des images nettes
Dans cet article vous apprendrez comment j’ai photographié des oiseaux en vol (et les réglages qui ont tout changé) et notamment des colibris.
J’ai toujours été fasciné par le vol des oiseaux. J’ai plusieurs fois essayé de les prendre en photo mais je n’avais jamais vraiment pris le temps d’étudier le sujet… Une erreur de débutant que de partir faire de la photo animalière sans préparation, elles étaient toujours floues.
C’est lorsque je suis parti au Pérou, en Amazonie à photographier les colibris, que je ne me suis plus laissé le choix. « Je dois prendre des colibris en vol ». S’il y a bien une chose qui les caractérises, c’est bien leur vitesse.
J’étais accompagné de mon guide Gustavo, sur la route des Colibris. Quatre jours riches en photographies et d’échange car il connait la région comme sa poche. Je lui parle de mon petit défi de prendre un colibri en vol et des difficultés que cela implique et il me dit « Si tu veux le faire, tu y arriveras », c’est ce que j’adore avec les péruviens, ils m’ont toujours tiré vers le haut !
De plus, il a de très bonnes connaissances sur les colibris. Il m’a raconté de nombreuses anecdotes et, toujours à l’affût, il me disait souvent où regarder pour voir des espèces peu communes comme ces deux-là, qui ont fait qu’une brève apparition :


Mais le plus important, il connait certaines de leurs interactions. Certains sont plus territoriaux, d’autres plus patient et reste plus longtemps sur leurs branches. Des observations bien plus précieuses qu’un simple réglage d’appareil.
Le vrai problème : Ce ne sont pas les oiseaux trop rapides, mais le photographe mal préparé
J’avais donc décidé d’analyser mes photos « ratées » (ce que je vous conseille de faire régulièrement pour progresser) pour prendre un peu de recul et voir quels seraient les points techniques à améliorer avant de partir. Le problème venait bien de mes réglages… mais pas uniquement.
Arrivé sur les lieux, la première heure, j’observe et je prends quelques photos de colibris, pour vérifier la luminosité et mon positionnement. Mais surtout, j’essaie de repérer des habitudes, des mouvements, si certains colibris passent par le même endroit, se posent sur une branche particulière et y reviennent régulièrement.
Il y avait une forte activité ce premier jour, 5 ou 6 espèces étaient présentes et je vous avoue aussi avoir passer de nombreuses minutes à les regarder virevolter dans tous les sens sans chercher à faire de photos. Ce spectacle est magnifique, surtout lorsqu’un rayon de soleil fait refléter les couleurs éclatantes de leurs plumages !!!

Après avoir fait mes quelques essais et trouvé ma place, je passe à l’action… et les résultats n’étaient toujours pas satisfaisants, mes photos étaient encore floues. Vitesse, ouverture et iso étaient pourtant bien paramétrés mais ça ne fonctionnait pas… Et j’ai finalement trouvé le problème. Je modifie rarement mes paramètres autofocus, cette fois c’était la clé.
Les réglages qui changent tout
Si certains réglages vous semblent flous, ne vous inquiétez pas. Le plus important ici n’est pas de connaître chaque paramètre par cœur, mais de comprendre leur rôle sur le terrain.
Si le triangle d’exposition ne vous dit rien, alors n’hésitez pas à me le dire en commentaire, je vous proposerais un article dédié.
Néanmoins, les réglages ci-dessous vous permettrons de photographier un oiseau en vol sans matériel pro.

Vitesse
Sujet rapide = vitesse rapide.
Pour figer un mouvement, il faut augmenter la vitesse proportionnellement à la vitesse de votre sujet. Pour ma part, je ne descendais quasiment jamais en dessous de 1/2000s ce qui implique de faire des compromis sur les deux autres paramètres ci-dessous, tout dépend de la luminosité disponible sur le terrain.
Ouverture
J’aurais tendance à dire d’ouvrir au maximum de ce que votre objectif vous permet, cela compense la vitesse d’obturation élevée mais tout dépend aussi de votre environnement et de la luminosité. Pour ma part, je suis resté à l’ouverture maximale de mon objectif f5.6 dans la grande majorité des cas.
ISO
Il faut monter en ISO, sinon vos photos seront trop sombres. Avec une vitesse d’obturation aussi élevée, vous n’aurez pas le choix. Je n’ai pas de chiffre magique à vous donner, il faut savoir s’adapter à la situation.
Certaines de mes photos sont bruitées. Je vous conseille de faire vos essaie pour savoir quel niveau de bruit est acceptable pour vous sur vos photos. Si cela vous intéresse, je pourrais faire un article sur ce sujet « comment faire des essais sur le bruit qu’apporte les ISO de mon appareil ».
Pour terminer sur ce point, de nombreuses solutions existent pour réduire le bruit de nos photos aujourd’hui.

Autofocus
C’est pour moi le point crucial. Je n’ai pas un appareil hybride dernière génération. J’ai un appareil NIKON milieu de gamme, qui a tout de même une très bonne réactivité pour faire sa mise au point. Il ne dispose pas de la reconnaissance des sujets. C’est donc les réglages d’auto focus (AF) qui m’ont permis d’arriver à mes fins.
Deux réglages sont à comprendre :
- Mode d’autofocus :
- Simple, l’autofocus est réalisé une fois ou
- l’AF continu qui va faire la mise au point en continu, ce dernier est indispensable pour des oiseaux en vol,
- La zone de mise au point :
- Vous devez sans doute connaitre la zone réduite et la zone large mais
- Ici ce sont les collimateurs adjacents au collimateur central qui vont nous permettre de spécifier à notre appareil que notre sujet peut se déplacer latéralement


Donc avec un auto focus en continu et une zone utilisant les collimateurs adjacents, votre appareil sera capable de suivre un sujet en mouvement beaucoup plus efficacement.
Vous pouvez aussi utiliser le suivi du sujet. S’il est par exemple posé sur sa branche, vous positionnez le collimateur dessus et il le suivra lorsqu’il s’envolera.
Quelques astuces de terrain
- Eviter de vous approcher des nids, vous risquez de perturber la quiétude des animaux.
- Faites du repérage : comprenez d’où vient la lumière et positionnez-vous en fonction du résultat que vous souhaitez.
- Si vous le pouvez, essayer d’avoir un arrière-plan lointain, cela permettra de le diluer grâce à la grande ouverture et évitera des éléments parasites dans vos compositions (trop de branches par exemple).

Le vrai secret : être prêt avant qu’il arrive
Imaginez-vous, la première fois que vous voyez un colibri, c’est le seul à des centaines de kilomètres et il ne passera qu’une fois… Autant être prêt, vous ne croyez pas ?
Avoir son idée avant sa sortie photo changera tout (et c’est valable au-delà d’un oiseau en vol). Vous ne sortez pas pour « faire de la photo », vous sortez pour faire une photo, LA photo :
- Vous aurez vos réglages en tête.
- Vous connaitrez votre sujet ou une idée de son comportement
Vous serez prêt lorsque la scène se présentera, là où d’autres devront encore chercher leurs réglages.
Il peut aussi être tentant de courir dans tous les sens pour suivre les oiseaux mais vous vous rendrez compte qu’ils seront toujours plus rapides que vous. Donc inutile de se précipiter, de faire des mouvements brusques.
La photographie animalière est un jeu de patience qui récompensera votre préparation en amont et vos repérages sur le terrain. Ainsi, lorsque vous verrez votre sujet arrivé par lui-même et que cette photo que vous aviez en tête se présente sous vos yeux, grâce à votre préparation, vous aurez maximisé les chances de réussir votre photo.
Et surtout, vous aurez aussi respecté votre sujet, car en ayant fait vos recherches au préalable, vous risquez beaucoup moins de le surprendre (ou d’être surpris), de le stresser ou de l’effrayer. Concernant les oiseaux, comme je l’ai expliqué, ils peuvent même rester un moment assez proche de nous ou revenir à plusieurs reprises s’ils ne nous voient pas comme une menace (c’est par exemple le cas de certains oiseaux qui suivent la marée montante en bord de mer, postez-vous sans bouger à marée montante et ils viendront vers vous 😉).


La prochaine fois que vous voyez un oiseau, ne sortez pas votre appareil tout de suite. Observez-le, puis essayez ces réglages et dites-moi ce qui a changé dans votre manière de photographier.
FAQ
- Quelle vitesse pour photographier un oiseau en vol ?
- Je vous conseille de commencer à 1/2000s et d’ajuster en fonction de vos sujets.
- Quel autofocus utiliser ?
- Ce qui m’a sauvé pour les colibris, c’est le paramètre AF avec collimateurs adjacents
- Peut-on photographier un colibri sans appareil professionnel ?
- C’est tout à fait possible, comme je le mentionne, j’ai un appareil milieu de gamme. Il vous faudra cependant un téléobjectif (minimum 300mm) qui est fortement recommandé pour la photo animalière
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