Les insectes de l’Amazonie péruvienne
Dans la forêt amazonienne, le vivant se trouve aussi à une échelle que l’on oublie parfois de regarder. Sous une feuille, sur un tronc ou au milieu des fleurs, les insectes sont partout. Papillons, coléoptères, phasmes et autres arthropodes représentent une part considérable de la biodiversité de la forêt, mais restent souvent méconnus alors qu’ils sont indispensables à notre survie…
C’est justement cette diversité que je cherche à observer et à photographier. Derrière chaque insecte se cache une histoire : une stratégie de camouflage, une relation avec une plante, un mode de reproduction particulier ou encore une étonnante manière d’échapper à ses prédateurs.
Cette page rassemble mes rencontres avec les insectes de l’Amazonie péruvienne. En prenant le temps de les observer, j’espère vous donner envie de regarder autrement ce petit monde qui nous entoure, souvent invisible jusqu’à ce que l’on décide enfin de s’arrêter.
Vous pouvez retrouver les autres articles sur mes découvertes (amphibiens et insectes notamment) en cliquant ici.
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Enfin, si vous souhaitez que je vous présente une espèce en particulier, n’hésitez pas à me le faire savoir en commentaire, je me ferais un plaisir de partir à sa recherche (si je suis en mesure de la trouver dans la région bien sûr)
Urania leilus

Identification
Le nom français « Chinois vert » peut surprendre puisqu’il s’agit pourtant d’un papillon vivant exclusivement en Amérique tropicale. Ce papillon diurne (qui vole de jour) était autrefois classé parmi les « papillons de nuit ». Aujourd’hui, il appartient à l’ordre des Lepidoptera (les papillons) et à la famille des Uraniidae.
Sa forme adulte (l’imago) est un grand papillon de 5 à 9 cm d’envergure, noir, parcouru de lignes vertes tirant vers le turquoise. Ses ailes postérieures, bordées de blanc, se terminent par deux longues queues blanches. Les couleurs vives de ses ailes rappellent qu’il est toxique pour ses prédateurs.

Ma rencontre
La première fois que j’ai vu ce papillon, je me suis vraiment cru au pays d’Alice au pays des merveilles. Ce grand papillon aux couleurs dignes d’Avatar s’est envolé devant moi. Impossible de le suivre : il était trop rapide. À de nombreuses reprises, j’ai ressenti cette même joie, cet instant éphémère d’habiter une autre planète. C’était l’année dernière que je l’ai rencontré pour la première fois, et il m’était alors impossible de le photographier…
Après quelques sorties, j’ai fini par comprendre que ces papillons avaient leurs habitudes. S’ils sont presque impossibles à suivre en plein vol, ils se posent régulièrement pour se nourrir, notamment sur les rochers en bord de rivière où ils viennent absorber les sels minéraux déposés par l’eau.
Depuis, c’est là que commencent mes recherches. Contrairement à la France, où il est souvent possible de photographier les papillons encore engourdis par la fraîcheur du matin, les températures de l’Amazonie les rendent actifs très tôt. Je n’ai d’ailleurs pas encore trouvé de grandes prairies fleuries comme celles auxquelles j’étais habitué.
Quel plaisir, alors, de découvrir plusieurs individus rassemblés sur les rochers. Ils restent suffisamment longtemps pour que je puisse les approcher et les photographier dans de bonnes conditions.

Son habitat
Mes observations rejoignent les informations que j’ai pu trouver dans la littérature : son habitat est principalement constitué de forêts denses situées à proximité des rivières.
Les papillons ont ce que l’on appelle une plante hôte. Il s’agit de la plante dont les chenilles se nourrissent. Celle d’Urania leilus est une liane du genre Omphalea de la famille des Euphorbiaceae, une plante toxique. En consommant ses feuilles, les chenilles accumulent ces substances toxiques et deviennent, à leur tour, peu appétissantes pour leurs prédateurs. Cette toxicité est conservée à l’âge adulte, ce qui explique probablement les couleurs vives de ce papillon. Si j’ai la chance de trouver des chenilles, je vous ajouterai une photo ici à l’avenir. 😉
Références
Wikipedia
Callicore cynosura

Identification
On le surnomme parfois le papillon « BD », en référence aux motifs caractéristiques de ses ailes, qui dessinent les deux lettres « B » et « D ».
Ce papillon appartient au sous-ordre des Rhopalocères, qui regroupe traditionnellement les « papillons de jour », et à la famille des Nymphalidae. Cette famille se caractérise notamment par sa première paire de pattes, fortement réduite et généralement inutilisée pour la marche : les Nymphalidae se déplacent donc avec seulement deux paires de pattes fonctionnelles.
Cette famille très diversifiée compte notamment les Monarques, les Morphos et le Myrtil, un papillon très répandu en France.
Ses motifs sont particulièrement reconnaissables : les dessins présents sur ses ailes antérieures permettent de l’identifier assez facilement, même lorsqu’il est posé, mais attention, il existe plusieurs Callicore.


Ma rencontre
C’est pour moi l’un des papillons qui représente le mieux l’image que je me fais de l’Amazonie. C’est le genre d’espèce que j’avais déjà vue dans des documentaires, sur des affiches ou dans différentes communications consacrées à l’Amérique latine. Pourtant, jusqu’à présent, je ne l’avais jamais rencontré.
J’ai finalement eu cette chance à San Roque de Cumbaza, à proximité de la rivière Cumbaza. Il se trouvait sur les bancs de sable, non loin de plusieurs Urania leilus présentés plus haut. Comme eux, il venait y chercher des sels minéraux.
Et cette fois, pas besoin de courir après mon sujet ! Il est resté tranquillement sur le sable, suffisamment longtemps pour me permettre de m’approcher et de le photographier. Une rencontre assez différente de celle avec les Urania leilus, dont le vol particulièrement rapide m’avait donné bien plus de fil à retordre.
Son habitat / habitudes
Ce papillon est largement présent dans la forêt amazonienne, avec une aire de répartition qui s’étend notamment du sud du Brésil jusqu’au nord de la Colombie.
Comme beaucoup de papillons, il dépend d’une ou plusieurs plantes hôtes pour assurer le développement de ses chenilles. La plante hôte associée à cette espèce appartiendrait à la famille des Sapindaceae, une famille qui comprend notamment plusieurs arbres et lianes présents dans les forêts tropicales.
À l’âge adulte, son alimentation est assez différente de celle de nombreuses espèces qui visitent régulièrement les fleurs. On peut notamment l’observer sur les bancs de sable et les sols humides, où il absorbe les sels minéraux présents dans le sol. Il est également attiré par les fruits en décomposition.
C’est d’ailleurs ce comportement qui m’a permis de le photographier ce jour-là : plutôt que de parcourir rapidement la forêt à la recherche d’une fleur, il était tranquillement installé au bord de la Cumbaza, à quelques mètres seulement de moi.
Références
Wikipedia