Les oiseaux de l’Amazonie péruvienne
L’Amazonie péruvienne abrite une diversité remarquable d’oiseaux. Certains se repèrent facilement par leurs couleurs ou leurs chants, tandis que d’autres passent presque inaperçus dans la végétation. Du sol de la forêt tropicale jusqu’à la canopée, chaque espèce occupe une place particulière dans cet écosystème complexe.
Au fil de mes sorties en Amazonie, je tente de les observer et de les photographier, mais aussi de comprendre leur mode de vie. Où nichent-ils ? De quoi se nourrissent-ils ? Comment communiquent-ils ? Quels rôles jouent-ils dans la forêt ?
Cette page rassemble les oiseaux que j’ai eu la chance de rencontrer et de photographier en Amazonie péruvienne. Une invitation à découvrir la palette de couleur extrêmement varié que nous offre la nature.
Vous pouvez retrouver les autres articles sur mes découvertes (amphibiens et insectes notamment) en cliquant ici.
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Enfin, si vous souhaitez que je vous présente une espèce en particulier, n’hésitez pas à me le faire savoir en commentaire, je me ferais un plaisir de partir à sa recherche (si je suis en mesure de la trouver dans la région bien sûr)
Le Bouton d’or (Sicalis flaveola)

Identification
Le bouton d’or est un passereau, assez commun en ville mesurant environ 15 cm. Il pourrait être confondu avec le Setophaga petechia, un oiseau migrateur de la même couleur mais au bec plus fin.
Il porte bien son nom car cet oiseau est bien jaune comme vous pouvez le voir sur la photo. Le male porte cependant une tache qui tire vers l’orange sur le front. Le juvénile et la femelle quant à eux présentent des couleurs grise.


Ma rencontre
C’est un oiseau que je vois régulièrement. Celui-ci, je les ai photographiés dans le jardin d’un ami, pour le juvénile, c’était en 2025 à mon passage à la capitale Péruvienne (Lima). Ils viennent régulièrement chercher à manger dans l’herbe et n’ont pas eu peur de moi car je me suis approché tout doucement tout en respectant une zone de sécurité pour eux.
Son habitat et son mode de vie
C’est un passereau d’Amérique du sud qui se plait très bien en ville. Peu farouche, il reste proche s’il ne sent aucun danger. Ils ne restent jamais seul d’après mes observations, en couple ou en groupe de plusieurs individus, il peut côtoyer d’autres espèces.
Reproduction
Je n’ai trouvé aucune information fiable pour la nidification pour le Pérou. Cependant, le juvénile que j’ai croisé me parait déjà avoir quelques plumes jaunes. C’était au mois de janvier, ce qui pourrait correspondre à la période de nidification de la Trinidad d’avril à janvier. J’ai trouvé plusieurs mentions sur le fait qu’il ferait son nid dans de petites cavités, ici au Pérou, il y a beaucoup de maison en briques, il est possible qu’il y trouve
Quels sont ses principales proies et prédateurs ?
Je le vois souvent au sol comme le montre les trois premières images. C’est un oiseau qui a un régime mixte. Il aime les graines d’herbe fraiche mais il cherche aussi des insectes au sol.
Certains rapaces pourraient être son prédateur, j’ai aperçu des Swallow Tailed Kite à Tarapoto, un magnifique rapace en vol que je n’ai malheureusement jamais eu l’occasion de voir avec mon appareil photo dans les mains, ce rapace pourrait le réguler. Comme il ferait son nid dans des cavités, cela pourrait aussi intéresser des prédateurs pour ses œufs.
La Coquette de Delattre (Lophornis delattrei)

Identification
Impossible de s’y méprendre, ce colibri, avec la crête orange que porte le male, est un joyau de la nature. Lorsqu’on parle de colibri, on mentionne en réalité la famille des Trochilidae qui comprend plusieurs centaines d’espèces.
Le mâle possède cette magnifique crête rousse-orangé très particulière terminées de petites pointes sombres, c’est d’ailleurs son atout pour la période de reproduction. Il a également une gorge vert métallique très brillante. La femelle, elle, est beaucoup plus discrète : elle n’a pas de crête et présente notamment une coloration rousse sur le front et la gorge. Les deux sexes ont une bande blanche caractéristique sur le croupion et une queue rousse. La taille de la Coquette de Delattre est d’environ 7–7,5 cm.


Ma rencontre
J’ai réalisé ces photos en 2025 lors d’un tour dédié à l’observation des Colibris. Je voulais vous le partager ici parce que cette espèce à des couleurs vraiment flamboyante. Je m’étais mis au défi de photographier un colibri en vol mais sa petite taille et sa vitesse ont presque réussis à m’y dissuader.
Après avoir commencé à repérer la fleur qu’il appréciait, ou plutôt qu’elle appréciait, j’ai réussi à faire mes premières photos en vol. Un instant magique de haute voltige.

Son habitat et son mode de vie
Son habitat est restreint. Du Costa Rica à la Colombie mais aussi du Pérou à la Bolivie. Il vie principalement dans les forêts tropicales humides de basses et hautes altitudes.
La sous-espèce Lophornis delattreidelattrei se rencontre sur le versant oriental des Andes, du nord du Pérou jusqu’au nord de la Bolivie, notamment dans la région de San Martín où je l’ai rencontré à Waqanki.
Quels est son alimentation ?
Les colibris se nourrissent du nectar des fleurs qui leur donne beaucoup d’énergie comme la fleur de cette petite broussaille Stachytarpheta sp. Ils capturent aussi des araignées et des insectes qui constituent une ressource importante pendant la période de nidification à cause de leur grande teneur en protéines
Cette espèce est-elle menacée ?
C’est un oiseau rare mais ses effectifs sont stables. Il est actuellement classé préoccupation mineure par l’UICN.
J’ai tout de même trouvé ne source indiquant plutôt une tendance d’effectif à la baisse, notamment en raison de la déforestation, de l’agriculture et du développement des infrastructures dans les forêts.
L’hoazin huppé (Opisthocomus hoazi)

Identification
Il est appelé Shansho ici au Pérou. Contrairement aux Tyrans, c’est le seul représentant de sa famille, les Opisthocomidae, et vous comprendrez mieux pourquoi dans les chapitres qui suivent. Il est facilement reconnaissable avec sa huppe hérissée (qui est plus petite chez la femelle), ses yeux rouges qui contrastent avec la partie bleue de sa tête, dépourvue de plumes. Il me fait penser à un animal de la préhistoire, j’adore la couleur châtain brun de ses larges ailes.
Il vole de manière peu maîtrisée. C’est une espèce bruyante, qui émet toute une variété de cris rauques, dont un a été comparé à la respiration asthmatique d’un fumeur.

Ma rencontre
Cela faisait 3 jours que j’étais arrivé dans la région de San Martín, la première fois que je partais dans la selva. Parti à la recherche des dendrobates, nous avons passé quelque temps sur la rivière Huallaga en pirogue. C’est là que j’ai vu pour la première fois cet oiseau. Il faisait trop sombre, en plus des mouvements de la pirogue pour le photographier. Heureusement, mon guide connaissait très bien la région et nous l’avons retrouvé quelques jours plus tard.
J’ai eu la chance cette année encore de le revoir. Je le trouve magnifique et charismatique avec sa crête et ses couleurs.
J’adore la curiosité de la nature et je n’ai pas été déçu avec cette espèce. Lors de mes recherches, j’ai trouvé que les juvéniles sont un cas unique chez les oiseaux, ils possèdent une griffe sur chaque aile, leur permettant de s’accrocher aux branches s’il sort du nid. Les griffes disparaissent après quelques semaines.
Son habitat et son mode de vie
Il est présent dans le bassin amazonien, au Pérou, son aire de répartition s’arrête à la Cordillère des Andes, je suis donc à la limite.
Vous pensiez qu’il n’y avait que les griffes sur ses ailes qui le rende spéciale ?
L’hoazin huppé consomme des feuilles et des fruits. Jusque-là tout va bien mais c’est son estomac, unique chez les oiseaux qui est intéressant. Cet oiseau digère par la fermentation bactérienne, à la manière des ruminants… Comme une vache quoi ! Et ce n’est pas une blague car il serait surnommé « la vache volante » mais aussi parfois « l’oiseau puant », à cause de l’activité bactérienne qui provoque de mauvaises odeurs.
Cette particularité affecte leur mode de vie. Ils consacrent la majorité de leur temps à trouver de la nourriture qu’ils doivent consommer en grande quantité, leur digestion est par contre lente.
C’est un oiseau monogame, qui ne se déplace pas sur de longues distances. Il est territorial et peut vivre en communauté surtout en période de reproduction où il peut y avoir de nombreux nids sur une zone assez réduite.
Reproduction
La reproduction est fortement affectée par la saison des pluies. Ils peuvent s’accoupler 2 fois si les pluies sont suffisamment abondantes, ou éviter de le faire si l’année est trop sèche.
A noter que le bruit est un stress pour les juvéniles et donc l’une des causes de mortalité.
Références
- Wikipedia
- oiseaux.net
- ebird